Musique du silence

Un seule-en-scène autour du cycle "Musica callada", de Federico Mompou

« Il est des moments où la musique exprime l’écoute », m’a dit un jour Jean-Claude Pennetier au cours d’une leçon.
Lorsque Federico Mompou composa Música callada (cycle pour piano dont le titre – qui provient d’un poème de San Juan de la Cruz – peut être traduit par « musique qui se tait »), son projet était-il d’« exprimer » le silence, de donner à entendre ce qui se lève en nous lorsque, dans la solitude, nous nous mettons à l’écoute de la musique du monde en même temps que de notre vie intérieure ?

Autour de 16 des 28 pièces de ce recueil, dans lesquelles viennent résonner des haïkus de Shiki et Bashō, ainsi que des textes de Rilke, Camus, Char, Edinger, Kappus, Sbarbaro, Rimbaud et Jaccottet, nous partons explorer divers silences, d’une grande plaine du Nord à un coin reculé d’une province italienne, des ruines d’une cité antique au sanctuaire où l’artiste s’isole pour mieux créer – en quête de ces instants lumineux où nous apparaissent, dans toute leur plénitude et leur intensité, la beauté, le sens d’une chose, un désir, une nécessité qui nous animent, ou encore, comme l’écrit Philippe Jaccottet, « les liens presque invisibles jusque là qui unissent les choses et nous unissent à elles ».




EXTRAIT